Combine GPX : comment conserver altitude et vitesses lors de la fusion ?

On fusionne deux traces GPX après une sortie vélo coupée par une pause déjeuner, et le fichier résultant affiche un profil d’altitude aplati et des vitesses à zéro. Le problème ne vient pas du format GPX lui-même, mais de la façon dont l’outil de fusion traite (ou ignore) les champs élévation et horodatage contenus dans chaque point de trace.

Structure d’un fichier GPX : les données que la fusion peut détruire

Un fichier GPX stocke chaque point sous forme de coordonnées latitude/longitude, accompagnées de champs optionnels. L’altitude est portée par la balise <ele>, et l’horodatage par <time>. La vitesse instantanée, elle, n’existe pas nativement dans le schéma GPX standard : elle se calcule à partir de la distance entre deux points consécutifs divisée par l’écart de temps.

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Quand on combine deux fichiers GPX, un outil qui se contente de concaténer les points géographiques sans recopier les balises <ele> et <time> produit une trace géométriquement correcte, mais vide de toute donnée verticale et temporelle. C’est exactement ce qui arrive avec la plupart des fonctions « connecter les traces » orientées planification d’itinéraire.

Traces vs routes dans le GPX

Les segments de type <trk> (tracks) contiennent les points enregistrés par le GPS avec altitude et temps. Les éléments <rte> (routes) ne stockent que des waypoints de navigation, sans horodatage. Fusionner une route avec une trace revient à injecter des points sans données temporelles au milieu de points horodatés, ce qui casse le calcul de vitesse sur toute la portion concernée.

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Randonneuse consultant une application de fusion de fichiers GPX sur smartphone sur un sentier de montagne rocheux

Altitude après fusion GPX : pourquoi le dénivelé change

Même quand l’outil conserve les balises <ele>, le dénivelé total du fichier fusionné peut différer de la somme des dénivelés des fichiers sources. Deux mécanismes expliquent cet écart.

Le premier est la jonction entre le dernier point du fichier A et le premier point du fichier B. Si ces deux points ne sont pas exactement au même endroit (pause GPS, redémarrage décalé), l’outil interpole ou crée un segment de liaison. Ce segment fantôme ajoute ou retranche quelques mètres de dénivelé.

Le second mécanisme est le recalcul d’altitude par modèle numérique de terrain. Certains outils remplacent l’altitude GPS d’origine par une altitude issue d’un MNT (modèle numérique de terrain) ou d’une base comme le référentiel altimétrique de l’IGN. Le profil résultant est souvent plus lisse, mais l’altitude finale n’est plus celle mesurée par votre GPS. Sur un parcours vallonné avec beaucoup de sous-bois, l’écart peut être notable.

Vérifier que l’altitude d’origine est conservée

  • Ouvrir le fichier fusionné dans un éditeur de texte et chercher les balises <ele> : si elles sont présentes et cohérentes avec les valeurs des fichiers sources, l’altitude d’origine a été conservée.
  • Comparer le dénivelé positif cumulé avant et après fusion dans un outil tiers (gpx.studio, par exemple) : un écart de quelques mètres est normal, un écart de plusieurs dizaines de mètres signale un recalcul.
  • Désactiver toute option de « correction d’altitude » ou « altitude SRTM/IGN » dans l’outil de fusion avant de lancer l’opération.

Conserver les vitesses lors de la fusion de fichiers GPX

La vitesse dans un GPX dépend entièrement de la présence et de la continuité des horodatages. Si les balises <time> disparaissent, toute information de vitesse disparaît avec elles. Si elles sont présentes mais incohérentes (chevauchement temporel entre les deux fichiers, ou gap de plusieurs heures), les plateformes comme Strava ou Garmin Connect afficheront des vitesses aberrantes sur la zone de jonction.

Pour que la vitesse reste exploitable après fusion, trois conditions doivent être réunies :

  • Les deux fichiers sources doivent contenir des horodatages complets sur chaque trackpoint, pas uniquement sur le premier et le dernier point du segment.
  • L’outil de fusion doit recopier les balises <time> sans les recalculer ni les supprimer.
  • Le dernier horodatage du fichier A doit être antérieur au premier horodatage du fichier B, sinon l’outil interprète un chevauchement et peut réécrire la séquence temporelle.

Un point souvent négligé : certains outils de planification suppriment les horodatages par défaut parce qu’ils considèrent le fichier fusionné comme un itinéraire à suivre, pas comme un enregistrement d’activité passée. C’est le cas de fonctions orientées « créer un parcours » sur des plateformes grand public comme Komoot.

Cycliste comparant des fichiers GPX fusionnés avec profils d'altitude et courbes de vitesse sur deux écrans d'ordinateur

Outils de fusion GPX qui préservent altitude et temps

Tous les outils ne se valent pas sur ce point. Les retours varient selon les versions et les mises à jour, mais on peut distinguer deux catégories.

Outils qui conservent les données brutes

gpx.studio propose une fonction « Fusionner » qui garde les trackpoints avec leurs attributs d’origine, y compris altitude et horodatage, tant qu’on choisit l’option de fusion de contenus plutôt que la simple connexion de traces. GOTOES (gotoes.org) va plus loin en permettant de combiner des fichiers GPX, FIT, TCX et CSV tout en préservant fréquence cardiaque, puissance, cadence et élévation.

Outils qui recalculent ou suppriment

Les fonctions de fusion intégrées aux plateformes de planification d’itinéraire (France Vélo Tourisme, Komoot en mode parcours) travaillent sur la géométrie du tracé. Elles produisent un fichier propre pour la navigation, mais sans garantie de conservation des champs vitesse et altitude d’origine. Si l’objectif est de garder un enregistrement fidèle d’une activité sportive, ces outils ne conviennent pas.

Méthode terrain pour fusionner sans perte de données GPX

Avant de lancer la fusion, on exporte les deux fichiers GPX depuis le GPS ou l’application d’enregistrement en vérifiant que le format est bien GPX 1.1 (le plus courant) et que l’export inclut les données temporelles. Certaines apps proposent un export « simplifié » qui ne garde que lat/long.

On ouvre ensuite les deux fichiers dans un éditeur de texte pour un contrôle rapide : la présence de <ele> et <time> sur les premiers trackpoints confirme que les données sont là. On vérifie aussi que le dernier timestamp du fichier A précède bien le premier du fichier B.

La fusion proprement dite se fait dans un outil qui respecte les attributs (gpx.studio ou GOTOES). Après fusion, on réimporte le fichier dans l’application cible et on compare dénivelé et vitesse moyenne avec les valeurs d’origine. Un écart minime sur le dénivelé (quelques mètres) est attendu à cause du point de jonction.

Le format GPX reste un conteneur XML ouvert. Tant que les balises d’altitude et d’horodatage sont présentes dans les fichiers sources et que l’outil de fusion les recopie fidèlement, la trace combinée restitue le profil vertical et les vitesses de l’enregistrement d’origine.